Cynical SallyMovie Review
Cynical Sally

Cynical Sally

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Power Ballad

Directed by John Carney

Paul Rudd, Nick Jonas, Havana Rose Liu, Jack Reynor

7.2/10
Musical comedy drama·2026-06-05·Reviewed 2026-06-09
John Carney tourne exactement le même film pour la cinquième fois, et le plus agaçant, c'est que ça marche encore.
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The Review

John Carney n'a qu'une seule histoire en lui, un musicien triste trouve le salut grâce à un partenariat créatif improbable, et Power Ballad est à peu près la cinquième fois qu'il la raconte. Cette fois, Paul Rudd incarne Rick, un chanteur de mariage sur le déclin qui traverse les plus beaux jours des autres, jusqu'à ce que Danny, star de boys band en perte de vitesse jouée par Nick Jonas, débarque à l'un de ses concerts et qu'une jam nocturne change leurs deux vies. Puis Danny s'approprie une chanson de Rick, en fait le tube de l'été, et le film devient brièvement quelque chose de plus tranchant, une histoire sur qui possède vraiment une mélodie. On peut régler sa montre sur les rebondissements, et la première a eu lieu à Dublin, évidemment. Et pourtant la formule fredonne, agaçante d'efficacité, comme un refrain qu'on jurait détester avant de se surprendre à le chanter sous la douche.

Le miracle ici, c'est Rudd, qui accepte enfin qu'on le filme fatigué. Débarrassé de son sourire en coin et du vernis des franchises, il joue Rick comme un homme qui sait exactement à quel point il était bon et à quel point cela n'a servi à rien, et c'est discrètement l'une de ses meilleures performances. Jonas, dans le rôle d'une idole pop sur le déclin, fait quelque chose qui tient plus du documentaire que du jeu, et cette lucidité donne son pouls au film. Quand les deux s'assoient avec une guitare à deux heures du matin, la vieille magie de Carney opère, la caméra se rapproche, la pièce se fige, et pendant quelques minutes on se rappelle pourquoi cet homme a encore le droit de refaire le même film. Les chansons sont vraiment bonnes, et dans ce genre, ce n'est pas un bonus, c'est le mur porteur tout entier.

Les problèmes arrivent à l'heure, comme tout le reste du scénario. Havana Rose Liu et Jack Reynor héritent de personnages qui existent surtout pour attendre les têtes d'affiche, et l'idée la plus épineuse du film, que l'industrie musicale blanchit le vol en l'appelant collaboration, est gentiment anesthésiée avant le final pour que personne ne sorte fâché de la salle. Chaque confrontation se résout exactement une scène après qu'on l'a prédite, et la fin dénoue un nœud juridique et moral avec un câlin et un changement de tonalité. C'est de la lâcheté, magnifiquement orchestrée. Et pourtant, voici le bon côté, et il est réel : Power Ballad mérite honnêtement ses larmes, les chansons resteront dans votre tête une semaine, et Rudd prouve qu'un acteur sérieux se cache sous cette éternelle allure de gamin. La formule de Carney est une cage, mais dans cette cage, l'homme chante encore.

What It Nails

  • +Paul Rudd, déglamourisé et discrètement meurtri, livre l'une de ses performances les plus ancrées depuis des années.
  • +Nick Jonas en star de boys band sur le déclin, c'est moins du jeu d'acteur qu'une confession, et ça fonctionne totalement.
  • +L'intrigue de la chanson volée donne de vraies dents à la formule feel-good de Carney, du moins pendant deux actes.
  • +L'homme filme toujours une scène de musique live comme une expérience religieuse, et les chansons le méritent.

What It Botches

  • -C'est Once, Begin Again et Sing Street en smoking de mariage de location. Vous connaissez déjà cette chanson.
  • -Havana Rose Liu et Jack Reynor sont garés dans des intrigues secondaires que le film oublie sans cesse d'avoir écrites.
  • -Chaque conflit se résout exactement une scène après votre pronostic, réglé comme une horloge avec une setlist.
  • -Le troisième acte troque ses questions les plus aiguës sur le crédit et le vol contre un câlin collectif et un changement de tonalité.
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Who It's For

Quiconque a déjà pleuré devant un film de John Carney et se tient prêt à recommencer, à l'heure dite, avec du popcorn.

Who Should Skip

Les cyniques convaincus qu'un montage ne répare pas un vol de propriété intellectuelle, car ce film est persuadé du contraire.

Marketing Roast

La campagne a collé le visage sans âge de Paul Rudd sur chaque affiche, à côté de Nick Jonas et des mots 'par le réalisateur de Once et Sing Street', ce qui relève moins du marketing que de la lettre de rançon adressée à tous ceux qui ont pleuré dans une salle en 2007. La bande-annonce enterre la véritable intrigue, une histoire plutôt mordante de crédits de composition volés, sous deux minutes de guitare au coucher du soleil et de roulements de tambour inspirants, car il ne faudrait surtout pas que le public découvre que le film contient un conflit. Et la stratégie de sortie, quelques salles le 29 mai avant le grand déploiement du 5 juin, c'est le classique pas de deux 'faites-nous confiance, c'est du prestige' pour un film dont tout l'argumentaire est que vous l'avez déjà vu quatre fois et aimé à chaque fois.

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