Disclosure Day
Directed by Steven Spielberg
Emily Blunt, Josh O'Connor, Colin Firth, Eve Hewson, Colman Domingo, Wyatt Russell
“Le maitre revient vers le ciel quarante-neuf ans apres Close Encounters et constate que l'emerveillement lui appartient encore, meme quand le scenario complotiste reprend le volant.”

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The Review
Steven Spielberg a invente la sensation moderne de lever les yeux vers le ciel en esperant que quelqu'un de bienveillant nous regarde en retour. Il l'a fait en 1977 avec Close Encounters et de nouveau en 1982 avec un doigt lumineux, puis il s'en est ostensiblement abstenu pendant deux decennies, comme si l'homme qui avait appris a la planete a rever avait decide que rever etait un travail pour les plus jeunes. Disclosure Day est son premier film de science-fiction depuis environ vingt et un ans, et le miracle n'est pas qu'il en soit encore capable. Le miracle, c'est qu'il n'a jamais cesse de l'etre. Le scenario de David Koepp, batie sur une histoire de Spielberg lui-meme, nous depose en 2026, ou un specialiste de la cybersecurite nerveux, joue par Josh O'Connor, derobe un disque dur rempli de preuves extraterrestres a un sous-traitant de la defense nomme Wardex, tandis qu'une meteorologue de Kansas City, jouee par Emily Blunt, commence a recevoir des signaux qu'aucun radar Doppler ne peut expliquer. L'ossature est du pur Spielberg: des gens ordinaires, un contact extraordinaire, un gouvernement qui prefererait que vous continuiez a regarder la meteo.
Et puis il y a Emily Blunt, qui livre le genre de travail qui rappelle pourquoi les stars de cinema existent. Elle joue Margaret Fairchild comme une femme dont la certitude sur le ciel se reecrit en temps reel, et elle porte tout l'argument emotionnel du film sur un visage qui n'arrete pas de choisir entre la terreur et la transformation. Les critiques parlent d'un sommet de carriere et ils ont raison. Le probleme, c'est ce qui l'entoure. La machinerie complotiste de Koepp, faite de lanceurs d'alerte, de transfuges et d'un PDG de Wardex joue par Colin Firth en mechant lambda parfaitement fonctionnel, se fige parfois en quelque chose de plus proche d'un bel episode de X-Files que d'une fresque spielbergienne. Le film dure cent quarante-cinq minutes et l'on sent les digressions, le troisieme acte qui s'etire, les fils laisses pendants qui ne se tressent jamais vraiment. Quand la mecanique du recit reprend le volant a l'emerveillement, le charme vacille.
Mais ah, quand Spielberg conduit. Tourne en grande partie en 35mm et accompagne par un John Williams octogenaire qui sait encore trouver l'accord exact signifiant que l'univers est plus grand que votre peur, le film offre des sequences de pure puissance cinematographique, dont un morceau de bravoure ferroviaire a grande vitesse digne de l'anthologie d'Indiana Jones. Le bon cote est immense, et le voici: a un age ou la plupart des legendes font le cosplay de leurs propres tubes, Spielberg a fait quelque chose qui croit sincerement aux gens. Tout le moteur de Disclosure Day repose sur l'idee radicale, presque genante, que si l'on montrait simplement la verite a huit milliards d'etres humains, ils pourraient choisir l'espoir plutot que la guerre. C'est sincere jusqu'a la vulnerabilite, et en 2026 cette sincerite se pose comme une main sur l'epaule. Le maitre ne fait pas de cosplay. Il tend toujours la main vers la meme lumiere qu'en 1977, et son bras est assez long pour la toucher le plus souvent.
What It Nails
- +Emily Blunt signe un sommet de carriere, portant tout l'argument emotionnel du film sur son visage.
- +John Williams trouve une derniere fois l'accord exact qui transforme l'emerveillement en experience religieuse.
- +Tourne en 35mm, le film a l'allure d'un vrai cinema pour adultes plutot que d'une bouillie de streaming.
- +Un morceau de bravoure ferroviaire prouve que Spielberg met en scene l'action mieux que des cineastes deux fois plus jeunes.
What It Botches
- -L'intrigue complotiste se fige parfois en un bel episode de X-Files un peu terne.
- -Le PDG de Wardex joue par Colin Firth est un mechant d'entreprise lambda aux dialogues previsibles.
- -A cent quarante-cinq minutes, les digressions et un final qui s'etire laissent des fils pendants.
- -Son optimisme candide ne fonctionne pleinement que si vous partagez deja la foi de Spielberg en l'humanite.

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Who It's For
Quiconque s'est deja tenu de nuit dans un champ en esperant que les lumieres signifiaient quelque chose de bienveillant, et veut que Spielberg le confirme sur grand ecran.
Who Should Skip
Les cyniques allergiques a l'optimisme sincere, et quiconque attend l'emerveillement cosmique de Close Encounters plutot qu'un thriller complotiste enleve.
Trailer
Marketing Roast
Universal et Amblin ont vendu ce film comme un evenement planetaire plutot qu'un film, s'appuyant sur le slogan 'All Will Be Disclosed' et une bande-annonce qui demandait, de la voix la plus grave possible, si apprendre que nous ne sommes pas seuls vous effraierait. La campagne vendait le retour de l'homme qui a fait du premier contact une emotion, drapant le nom de Spielberg sur chaque affiche comme une relique, et ca a marche, parce que son nom signifie encore quelque chose que l'algorithme ne peut pas truquer. La legere trahison, c'est que les bandes-annonces promettaient un emerveillement cosmique et religieux quand le film livre souvent une course-poursuite gouvernementale tendue, si bien que le public de Close Encounters et celui du thriller ont eu un peu moins et un peu plus que promis. Reste que faire lever les yeux et vraiment esperer a un public d'ete blase est un tour de magie que presque personne d'autre ne sait encore faire. La verite, parait-il, appartient a huit milliards de personnes. L'emerveillement lui appartient toujours.

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